Alors que l'Afrique s'efforce d'atteindre la souveraineté pharmaceutique et une sécurité sanitaire renforcée, la question n'est plus de savoir si des normes réglementaires élevées sont réalisables. Il s'agit plutôt de déterminer si elles peuvent être maintenues et étendues au service de la sécurité des patients.
L'Afrique aborde l'année 2026 confrontée à un ensemble de réalités familières mais de plus en plus intolérables. Des chaînes d'approvisionnement fragiles mises à mal par des urgences sanitaires successives, des pénuries persistantes de médicaments essentiels, une qualité inégale sur les marchés et une forte prévalence de médicaments de qualité inférieure et contrefaits, et surtout, une prise de conscience croissante que la souveraineté pharmaceutique est indissociable de la sécurité des patients. Dans ce contexte, la maturité réglementaire n'est plus une aspiration institutionnelle abstraite. Elle est devenue un facteur déterminant de premier plan pour que les patients africains reçoivent des médicaments sûrs, efficaces et disponibles lorsqu'ils en ont besoin. Dans ce contexte, la déclaration de l'Autorité de contrôle des médicaments du Zimbabwe selon laquelle elle a atteint le niveau de maturité 4 de l'Organisation mondiale de la santé n'est pas une étape symbolique, mais le signe d'un changement plus profond en cours sur le continent.
La maturité réglementaire n'est plus une aspiration institutionnelle abstraite, mais un facteur déterminant de premier plan pour que les patients africains puissent bénéficier de médicaments sûrs et efficaces.
L'évaluation de la MCAZ ne repose pas sur des discours, mais sur la pratique réglementaire quotidienne. Sur la base d'auto-évaluations internes alignées sur son objectif stratégique pour 2025, l'Autorité a déterminé qu'elle opère désormais au niveau de maturité 4, et une évaluation prochaine de l'OMS devrait confirmer ce statut. Le niveau de maturité réglementaire 4 de l'OMS signifie qu'une autorité de réglementation des médicaments opère à un niveau avancé, comparable au niveau international, et protège de manière cohérente la sécurité des patients grâce à des systèmes réglementaires solides, scientifiquement fondés et fiables. Il est essentiel de noter que cette affirmation repose sur des preuves issues de la prise de décision, de la surveillance et de l'application quotidiennes, plutôt que sur des réformes isolées ou des performances ponctuelles. L'accent mis sur la pratique durable plutôt que sur la conformité performative reflète ce que la maturité réglementaire doit signifier pour l'Afrique à l'heure actuelle. Des systèmes qui fonctionnent de manière fiable sous pression et protègent les patients de manière cohérente, et pas seulement lorsque la surveillance est la plus stricte... - Lire cet article
Les médicaments contrefaits révèlent une fracture sociale que la réglementation seule ne peut combler. Ces derniers mois, des mesures coercitives radicales prises au Nigeria et au Kenya ont mis la question des médicaments contrefaits sous les feux de l'actualité, révélant des tensions bien plus profondes que la simple violation de la loi. Les autorités de réglementation des deux pays ont pris des mesures énergiques pour confisquer les produits nocifs et fermer les commerces illégaux au nom de la sécurité publique, mais les commerçants ont riposté, affirmant que les produits qu'ils vendent ne sont pas contrefaits, mais simplement périmés, non enregistrés ou provenant de sources informelles.
Ce conflit a révélé un fossé profond entre les définitions officielles et les réalités vécues sur les marchés ouverts, où les médicaments font partie du commerce quotidien, des moyens de subsistance et des croyances en matière de santé et de survie. Loin d'opérer uniquement dans l'ombre, les médicaments contrefaits persistent au grand jour, soutenus par des malentendus, des pressions économiques et des notions controversées de nocivité. C'est cet écart de perception, tout autant que la faiblesse des mesures coercitives, qui explique pourquoi les médicaments contrefaits continuent de circuler malgré des années de répression et d'avertissements publics.
Sur de nombreux marchés ouverts, le commerce des médicaments contrefaits n'est pas simplement une activité criminelle opérant dans l'ombre ; il est intimement lié au commerce quotidien, aux moyens de subsistance et aux croyances en matière de santé et de survie. Lorsque les autorités réglementaires interviennent pour saisir des produits, les réactions du public révèlent souvent un fossé frappant entre les définitions officielles de la contrefaçon et la façon dont les commerçants et les consommateurs eux-mêmes appréhendent la question. Cet écart de perception est au cœur de la raison pour laquelle les médicaments contrefaits continuent de circuler malgré des années de mesures coercitives et d'avertissements publics.
Pour de nombreux commerçants, la vente de médicaments n'est pas considérée comme une tromperie, mais comme une réponse à la demande dans des environnements où l'accès aux pharmacies agréées est limité, les prix sont élevés et la confiance dans les systèmes officiels est fragile. Les commerçants peuvent insister sur le fait que ce qu'ils vendent est « la même chose », mais à un prix inférieur, ou affirmer que les produits périmés ou mal conservés ne sont pas vraiment contrefaits s'ils proviennent d'une source légitime. Certains croient sincèrement que les effets visibles, tels que le soulagement des symptômes, prouvent l'authenticité du produit. D'autres reconnaissent les différences de qualité, mais les considèrent comme un compromis acceptable dans un contexte où les clients privilégient l'accessibilité financière et l'immédiateté plutôt que des garanties qui leur semblent abstraites ou lointaines.
Cet état d'esprit reflète une réalité sociale plus large dans laquelle la contrefaçon est moins considérée comme une menace pour la santé que comme une solution économique. Les médicaments deviennent des marchandises comme les autres, appréciées principalement pour leur disponibilité et leur prix plutôt que pour leur qualité vérifiée. Dans un tel contexte, le concept de risque invisible, tel que la réduction de la puissance, la contamination ou la présence d'ingrédients incorrects, peine à rivaliser avec la pression visible de la survie quotidienne. Lorsque les régulateurs décrivent ces produits comme dangereux, les commerçants peuvent interpréter ce message comme une attaque contre leurs moyens de subsistance plutôt que comme un avertissement sur les dangers, ce qui renforce la méfiance et la résistance... - Lire cet article
La préqualification en novembre 2025 par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) d’une formulation de la primaquine destinée à traiter le paludisme chez les nouveau-nés pourrait apporter d’importants changements positifs dans la lutte contre cette maladie en Afrique subsaharienne.
Le colonel Aïssata Koné, présidente du Programme national de lutte contre le paludisme au Mali affirme par exemple que « la primaquine pour bébés va entrainer une véritable révolution dans l’arsenal thérapeutique pour les enfants dans les régions avec présence des plasmodiums vivax et ovale ».
Notamment « en assurant une prise en charge efficace des enfants dans l’atteinte des objectifs de réduction de la morbidité et de la mortalité néonatale et infantile », précise-t-elle dans un entretien qu’elle a accordé à SciDev.Net.
A l’en croire, « l’absence de primaquine adaptée aux bébés était une faille dans la prise en charge du paludisme chez les enfants qui constituent une cible très vulnérable au paludisme ».
Pour sa part, Romaric Nzoumbou-Boko, responsable du laboratoire de parasitologie à l’Institut Pasteur de Bangui en République centrafricaine, trouve que cette primaquine pour enfants « sera une approche de plus qui permettra de diminuer le gap de la transmission résiduelle ».
Le Rapport mondial sur le paludisme 2024 indique qu’en 2023, environ 263 millions de nouveaux cas de paludisme ont été signalés dans 83 pays à travers le monde, avec 597 000 décès au total, dont 246 millions de cas et 569 000 décès en Afrique.
Plus de 76 % de ces décès sur le continent concernant des enfants de moins de cinq ans. D’où la nécessité de disposer de formulations pédiatriques fiables de médicaments antipaludiques.
Selon un communiqué de presse de Medecines for Malria Venture (MMV), cette formulation de la Primaquine pour enfants a été développée en association avec la firme pharmaceutique indienne Fosun Pharma dans le cadre du Partenariat pour l’élimination du Vivax (PAVE) et grâce au financement d’Unitaid, une organisation internationale d’achat de médicaments.
Contacté par SciDev.Net, Fosun Pharma, à travers son service de presse, rappelle que la primaquine est depuis longtemps recommandée par l’OMS pour une utilisation chez les enfants, de sorte qu’aucun essai clinique supplémentaire n’a été nécessaire.
« Le problème, poursuit-il, était que, jusqu’à présent, il n’existait aucune formulation pédiatrique dont la qualité était garantie. Les professionnels de santé devaient donc souvent couper les comprimés pelliculés en deux, une pratique déconseillée, et composer avec le goût amer du médicament, ce qui rendait le traitement difficile à accepter pour de nombreux enfants »... - Lire cet article
Une réalité silencieuse qui pèse lourd
Longtemps considérés comme un problème exclusif des pays occidentaux, les risques psychosociaux (RPS) s’imposent aujourd’hui comme une préoccupation majeure sur le continent africain. Derrière les chiffres de croissance économique se cache une réalité préoccupante : stress chronique, burn-out, violence au travail, harcèlement...
Ces maux touchent désormais massivement les travailleurs africains, avec des conséquences dramatiques tant sur le plan humain qu’économique.
L’ampleur du problème : des chiffres alarmants. L’ampleur du problème : des chiffres alarmants
La situation de la santé mentale en Afrique révèle une crise profonde. La dépression touche environ 26,9% de la population en Afrique subsaharienne, un taux significativement plus élevé que la moyenne mondiale de 10 à 20%.
L’Afrique du Sud offre un aperçu inquiétant de cette réalité : selon le rapport Mental State of the World 2022, le pays détient le triste record du taux le plus élevé de population en détresse psychologique au monde, avec 35,8% de ses habitants confrontés à des problèmes de santé mentale. Par ailleurs, 25,7% des Sud-Africains souffrent de dépression, avec un taux de suicide parmi les plus élevés mondialement (23,5 pour 100 000 habitants).
Un système de soins dramatiquement insuffisant
Les ressources dédiées à la santé mentale en Afrique sont dérisoires. Le continent ne dispose que de 1,4 professionnel de santé mentale pour 100 000 habitants, contre une moyenne mondiale de 9 pour 100 000. Dans certains pays, on ne compte que 0,1 psychiatre pour 100 000 personnes.
Le budget alloué est tout aussi révélateur : les gouvernements africains ne consacrent en moyenne que 0,90 dollar par personne à la santé mentale, quand les pays développés investissent plusieurs centaines de dollars par habitant. Cette sous-allocation budgétaire laisse 98,8% des personnes nécessitant des soins, sans accès au traitement... - Lire cet article
Présente aux côtés des initiateurs lors du lancement du programme élargi Healthy Heart Africa (HHA) à Guédiawaye, Mme Adélaïde Ehouman, directrice nationale pour l’Afrique francophone chez AstraZeneca, a une nouvelle fois incarné l’engagement constant de la firme pharmaceutique dans la lutte contre les maladies non transmissibles. Figure respectée du paysage pharmaceutique africain, elle s’impose comme l’un des visages du leadership féminin engagé au service des populations.
Fidèle à sa réputation et à l’ADN d’AstraZeneca, Mme Adélaïde Ehouman a pris part au lancement officiel de la phase élargie du programme Healthy Heart Africa (HHA) au Sénégal, un événement qui a réuni les principales parties prenantes du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, d’AstraZeneca, de PATH, ainsi que des responsables nationaux et régionaux de la santé, des spécialistes médicaux, des agents de santé communautaires et des représentants de patients.
Sa présence à Guédiawaye n’était pas fortuite. Elle s’inscrit dans une démarche de proximité et de partenariat durable avec les acteurs publics et privés engagés dans la lutte contre les maladies non transmissibles, un combat que la dirigeante mène avec constance depuis plusieurs années sur le continent.
Un leadership féminin salué et inspirant
Décrite par ses pairs comme un exemple accompli de leadership féminin, Mme Ehouman se distingue par son engagement, sa compétence et sa résilience. Des qualités qu’elle met quotidiennement au service de la santé des populations africaines. Directrice pays FSA–AstraZeneca, elle incarne une vision moderne du management, fondée sur l’impact social, la rigueur scientifique et la collaboration avec les systèmes de santé nationaux.
À Guédiawaye, elle a réitéré l’engagement d’AstraZeneca à accompagner les professionnels de la santé, les sociétés savantes et le ministère de la Santé, afin d’identifier et de mettre en œuvre des réponses adaptées aux défis sanitaires en Afrique. « La santé publique exige des solutions concertées, durables et fondées sur la science », a-t-elle rappelé en substance.
Un engagement fort contre les maladies non transmissibles
Mme Ehouman-Aidara a assuré qu’AstraZeneca mettra pleinement à profit la puissance de sa recherche scientifique pour proposer des traitements innovants et révolutionnaires contre des pathologies majeures telles que l’hypertension artérielle, le diabète et les maladies rénales chroniques... - Lire cet article
Dans les centres de santé aux Comores, à l’île Maurice, aux Seychelles, à Cabo Verde, à Madagascar, en Guinée-Bissau et à São Tomé-et-Príncipe — collectivement connus sous le nom de Petits États insulaires en développement (PEID) d’Afrique — l’accès aux médicaments essentiels commence à s’améliorer.
Ce changement discret mais profond vient de recevoir une reconnaissance mondiale. Cette semaine, au siège des Nations Unies à New York, les PEID africains ont reçu le Prix du Partenariat des PEID des Nations Unies 2025 dans la catégorie économique pour leur initiative pionnière d’achat groupé, un partenariat ambitieux soutenu par l’OMS qui transforme l’accès aux médicaments essentiels dans ces îles.
« Ce prix reflète la détermination des PEID africains à transformer des défis de longue date en opportunités collectives. Grâce à l’achat groupé, les PEID africains élargissent l’accès à des médicaments abordables et de qualité, prouvant que la solidarité régionale peut faire progresser la santé pour tous », a déclaré le Dr Mohamed Janabi, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique.
Pour les communautés vivant sur de petites îles, où les systèmes de santé sont confrontés à des défis liés à la distance, aux coûts de transport élevés et au poids de négociation limité, ce prix représente bien plus qu’une étape institutionnelle. Il reflète une amélioration concrète de la vie quotidienne.
Le mécanisme d’achat groupé — le seul opérationnel dans la Région africaine de l’OMS — unit six PEID africains et Madagascar pour négocier et acheter des médicaments essentiels en tant que bloc unique. En consolidant la demande, ces pays ont acquis un pouvoir de marché auparavant inaccessible aux petites économies insulaires.
Le jury des Nations Unies a salué l’initiative comme « un partenariat africain pionnier démontrant un impact économique mesurable, une gouvernance solide et une solidarité régionale transformatrice ».
Depuis son lancement, le mécanisme d’achat groupé a produit des résultats majeurs et vérifiés de manière indépendante. Le premier appel d’offres international devrait réduire les prix à l’usine de 56 % en moyenne sur 47 formulations de médicaments essentiels, avec des économies individuelles allant de 3 % à 94 %. Les pays constatent déjà des gains financiers directs, notamment 26 % d’économies aux Seychelles et 13 % à Maurice sur les premières commandes... - Lire cet article
La start-up nigériane créée en 2020 par Samuel Okwuada et Victor Benjamin est l’une des entreprises qui progresse le plus vite sur le continent. À l’occasion du deuxième épisode de la saison 2 de notre série vidéo « Disrupt », dédiée à ceux qui révolutionnent la tech africaine, Jeune Afrique vous emmène à Lagos pour découvrir la pépite qui bouleverse la chaîne de valeur pharmaceutique.
« La vente de médicaments en plein air en Afrique ne devrait pas exister. […] Nous vendons aussi des médicaments mais nous le faisons de façon plus moderne, en respectant les façons dont ils doivent être manipulés et vendus. » C’est une révolution silencieuse à laquelle s’attellent chaque jour Samuel Okwuada et Victor Benjamin : « nettoyer » la chaîne de valeur pharmaceutique au Nigeria, en s’assurant de l’origine des médicaments, de leur conservation, de leur transport et de leur disponibilité pour un maximum de patients. Une tâche herculéenne dans un pays immense, qui fait face à d’importants défis logistiques.
Au travers d’une application mobile, Remedial Health met en lien fabricants et professionnels de santé, en garantissant la traçabilité des produits. Un remède à l’un des fléaux du continent, où près d’un quart des médicaments serait contrefait, provoquant des centaines de milliers de décès par an.
Une trajectoire d’exception
Détecté très tôt par Jeune Afrique (ils étaient parmi notre liste des 20 Futurs Champions de la Tech en 2023), Remedial Health a si bien réussi que la compagnie a été sacrée troisième entreprise d’Afrique avec la plus forte croissance en 2025. En effet, selon le Financial Times, la start-up est passée de 190 000 dollars de chiffre d’affaires en 2020 à 16,3 millions de dollars (+ 838 %) en 2023, tout en passant de 6 à près de 300 employés sur la même période... - Lire cet article
Malgré des avancées notables à l’échelle mondiale, la lutte contre le paludisme marque le pas en Afrique. Le rapport 2025 sur le paludisme dans le monde dresse un constat contrasté. Si 2,3 milliards de cas et 14 millions de décès ont été évités depuis 2000, la maladie continue de faucher des centaines de milliers de vies chaque année, principalement sur le continent africain. En 2024, le monde a enregistré environ 282 millions de cas et 610 000 décès, en légère hausse par rapport à 2023. L’Afrique concentre à elle seule 94 % des cas et 95 % des décès.
La propagation de la résistance aux antipaludiques fragilise l’arme thérapeutique principale contre la maladie. En 2024, 11 pays africains ont concentré près des deux tiers de la charge mondiale du paludisme : le Burkina Faso, le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Ghana, le Mali, le Mozambique, le Niger, le Nigéria, le Soudan, l’Ouganda et la Tanzanie. La RDC, l’Éthiopie, le Mozambique, le Nigéria et l’Ouganda représentent à eux seuls plus de la moitié des cas mondiaux.
Si l’incidence et la mortalité ont reculé lentement depuis 2017 dans ces pays, les résultats restent largement en deçà des objectifs fixés par l’Oms. En 2024, l’incidence mondiale est de 64 cas pour 1 000 personnes exposées, soit plus de trois fois le seuil requis pour atteindre les cibles de 2025. La mortalité, avec 13,8 décès pour 100 000 personnes, dépasse elle aussi largement l’objectif mondial. Les enfants paient le plus lourd tribut. En Afrique, 75 % des décès touchent les moins de cinq ans.
La pharmacorésistance, une bombe à retardement
La résistance aux médicaments antipaludiques est aujourd’hui identifiée comme l’une des plus grandes menaces pour l’élimination du paludisme. L’histoire récente rappelle combien ce danger est réel. La chloroquine et la sulfadoxine-pyriméthamine, autrefois efficaces, ont vu leur impact s’effondrer après l’apparition de résistances. Aujourd’hui, l’inquiétude se cristallise autour des traitements à base d’artémisinine, piliers de la prise en charge moderne du paludisme. Des mutations du gène PfKelch13 du parasite Plasmodium falciparum, associées à une résistance partielle à l’artémisinine, se multiplient en Afrique. Une résistance confirmée est déjà documentée en Érythrée, au Rwanda, en Ouganda et en Tanzanie. Elle est présumée en Éthiopie, en Namibie, au Soudan et en Zambie. Dans certaines zones à forte transmission, notamment en Ouganda, plus de la moitié des parasites testés présentent ces mutations. Si les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine restent globalement efficaces, les experts alertent sur une pression croissante sur les médicaments associés comme la luméfantrine et l’amodiaquine. Le risque est de voir se refermer l’étau thérapeutique, faute d’alternatives suffisantes.
Le rôle ambivalent du secteur privé
Dans plusieurs pays africains, plus de 60 % des enfants atteints de fièvre sont soignés dans le secteur privé, notamment au Bénin, au Cameroun, au Tchad, en RDC et au Gabon. Ce recours massif élargit l’accès aux soins, mais il favorise aussi la résistance lorsque les pratiques dérapent : tests diagnostiques insuffisants, traitements présomptifs, cures incomplètes et circulation de médicaments de qualité douteuse. Ces failles créent un terrain propice à l’émergence et à la propagation de parasites résistants, compromettant les efforts de santé publique...
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La résistance aux médicaments constitue désormais l'un des risques les plus aigus pour les efforts de lutte contre le paludisme en Afrique et ailleurs, selon un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publié jeudi.
Le paludisme, maladie parasitaire transmise par les moustiques, est à la fois évitable et guérissable, mais il demeure une grave menace pour la santé mondiale, causant des centaines de milliers de décès, principalement chez les jeunes enfants et les femmes enceintes, surtout en Afrique subsaharienne.
Le dernier rapport annuel de l’OMS fait état de progrès impressionnants depuis 2000 : les interventions ont permis de sauver environ 14 millions de vies dans le monde au cours des 25 dernières années, et 47 pays sont certifiés exempts de paludisme.
Néanmoins, le paludisme demeure une préoccupation majeure. En 2024, on a dénombré plus de 280 millions de cas et plus de 600 000 décès, dont 95 % concentrés en Afrique, principalement dans 11 pays.
La résistance aux médicaments s’intensifie.
Un obstacle majeur à l’élimination du paludisme est la résistance aux médicaments, qui fait l’objet d’un chapitre distinct dans l’étude de cette année : huit pays ont signalé des cas confirmés ou présumés de résistance aux antipaludéens, y compris à l’artémisinine, un traitement recommandé par l’OMS.
Pour lutter contre ce phénomène, le rapport recommande aux pays d’éviter une dépendance excessive à un seul médicament et de privilégier des systèmes de surveillance et de réglementation sanitaire plus performants.
Le sous-financement, dans une région marquée par les conflits, les inégalités climatiques et la fragilité des systèmes de santé, constitue une autre cause importante.
Environ 3,9 milliards de dollars ont été investis dans la riposte en 2024, soit moins de la moitié de l’objectif fixé par l’OMS.
Le rapport souligne que l'aide publique au développement des pays riches a diminué d'environ 21 %. Sans investissements supplémentaires, préviennent les auteurs, le risque d'une résurgence massive et incontrôlée de la maladie est réel... - Lire cet article
La deuxième session de la conférence a mis en lumière l’urgence d’une intégration industrielle et la nécessité d’une stratégie commune pour libérer le potentiel compétitif du continent.
La deuxième session de la conférence, intitulée « Fabriqué en Afrique : feuille de route pour renforcer la valeur et la compétitivité », a été modérée par Emad El-Din Hussein, rédacteur en chef du journal Al-Shorouk et membre du Parlement égyptien. La session a mis en lumière les obstacles persistants face à l’intégration industrielle africaine tout en faisant émerger un consensus clair : le continent dispose des ressources, des talents et de la capacité nécessaire pour se transformer, mais cette volonté doit désormais se traduire en politiques industrielles coordonnées. Dans une Afrique en pleine mutation, confrontée à la nécessité de renforcer son autonomie économique et de réduire sa vulnérabilité face aux fluctuations mondiales, cette session a occupé une place centrale lors de la Conférence économique égypto-africaine.
Dès l’introduction, Hussein a dressé un constat sévère de l’intégration économique continentale, rappelant que « le volume du commerce égypto-africain ne dépasse pas les 10 milliards de dollars, dont 7,5 milliards d’exportations et seulement 2,5 milliards d’importations ». Il a souligné que la faiblesse des échanges s’accompagne d’un déficit structurel dans la base industrielle du continent. « En Afrique, la contribution du secteur manufacturier au PIB varie entre 7 % et 25 %, avec une moyenne de 15 %. C’est exactement la même proportion en Egypte. Ce sont des chiffres extrêmement choquants », a-t-il insisté.
Pour illustrer le décalage entre ambitions et réalités, il a évoqué sa récente tournée diplomatique : « J’ai accompagné le ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, dans six pays africains en seulement sept jours. J’avais de grandes illusions concernant l’intégration économique africaine, mais j’ai découvert une réalité qui rappelle la fragilité du système arabe, où le commerce intra-arabe ne dépasse pas 8 à 10 % ». Ce déficit d’intégration est d’autant plus inquiétant que le continent regorge de richesses : terres arables, ressources minérales, potentiel hydroélectrique, démographie dynamique. Pourtant, la contribution de l’industrie manufacturière au PIB africain stagne autour de 15 %, un niveau jugé dramatique pour une région de plus en plus convoitée par les grandes puissances économiques. Cette introduction ouvre une réflexion fondamentale : pourquoi l’Afrique peine-t-elle à convertir ses atouts en puissance industrielle et comment changer la donne ?
Produire pour renforcer la souveraineté et la compétitivité
Prenant la parole après cette mise en perspective, Sherif El-Gabaly, président de la Chambre des industries chimiques et de la commission des affaires africaines au Parlement, a approfondi les causes structurelles de la stagnation industrielle : « Les Africains souhaitent coopérer avec nous, mais ce qui manque avant tout, c’est l’audace de l’investisseur égyptien »... - Lire cet article
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