Abidjan, 02 mars 2026 (AIP)- Le professeur titulaire de botanique et pharmacologie des substances naturelles, Noël Zihiri Guédé, a plaidé pour un soutien des Etats aux chercheurs africains afin de valoriser une pharmacopée encore largement sous exploitée.
Le professeur Guédé s’exprimait lors d’une conférence tenue samedi 28 février 2026 au Centre national de floristique de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan Cocody, coorganisée par le Réseau des professionnels des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) dans le cadre de ses « Rendez-vous du REMAPSEN ».
Le principal invité a souligné que la médecine moderne et la médecine traditionnelle se complètent. « Ces deux médecines doivent être complémentaires. La médecine moderne permet de poser un diagnostic précis. Ensuite, le thérapeute peut utiliser la plante indiquée en connaissance de cause », a expliqué le spécialiste.
Professeur Guédé, par ailleurs spécialiste en ethnobotanique et phytochimie, en a profité pour faire comprendre les étapes de la transformation des plantes médicinales en médicaments, « un processus long et rigoureux », a-t-il qualifié.
Il a décrit les différentes étapes que sont principalement, l’enquête ethnobotanique auprès des tradipraticiens, identification scientifique des plantes, constitution d’herbiers, analyses phytochimiques, extraction des principes actifs (terpènes, coumarines, alcaloïdes, glucosides cardiaques).
« Ce n’est qu’après comparaison avec des médicaments déjà commercialisés que le produit peut faire l’objet d’une demande d’Autorisation de mise sur le marché +AMM+. Nos décideurs doivent davantage nous aider financièrement. D’ailleurs, nous avons pour exemple des antipaludiques dérivés de l’artémisinine »... - Lire cet article
L’Agence européenne des médicaments (EMA) a rendu un avis scientifique favorable concernant l’acoziborole, un nouveau traitement oral contre la trypanosomiase humaine africaine due à Trypanosoma brucei gambiense, la forme la plus répandue de la maladie du sommeil. Une avancée majeure vient ainsi d’être franchie dans la lutte contre cette pathologie tropicale négligée.
L’annonce a été faite le 27 février 2025 par l’organisation Drugs for Neglected Diseases initiative (DNDi). Développé en partenariat avec Sanofi et d’autres acteurs, l’acoziborole se présente comme une véritable révolution thérapeutique : « trois comprimés à prendre en une seule fois, sans hospitalisation, sans injections et sans procédures complexes ».
Il y a encore vingt ans, les options thérapeutiques contre la maladie du sommeil étaient extrêmement limitées et parfois dangereuses. Les médecins utilisaient notamment un médicament à base d’arsenic, dont la toxicité était telle qu’il entraînait le décès d’environ un patient sur vingt.
Selon DNDi, cet avis favorable de l’EMA rapproche la communauté internationale de l’objectif fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : éliminer la maladie du sommeil comme problème de santé publique d’ici 2030... - Lire cet article
Dakar, 2 mars (APS) – Le directeur général du laboratoire Teranga Pharma, Mouhamadou Sow, a tracé la feuille de route pour une souveraineté pharmaceutique nationale, portée par des investissements massifs et une réforme réglementaire majeure : le système de corrélation.
‘’Le principe du système de corrélation est direct : dès qu’un industriel sénégalais peut garantir trois mois de consommation nationale permanente pour une molécule, les importations de celle-ci sont bloquées’’, a expliqué M. Sow dans une interview accordée à l’APS.
Le pharmacien s’est dit convaincu que la souveraineté pharmaceutique est à portée de main. Il a rappelé que le système de corrélation a été mis en place le 22 septembre 2025 avec l’appui de l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP). ‘’Ce mécanisme, qui a déjà permis à des nations du Maghreb d’atteindre 70 % de souveraineté, vise à protéger et promouvoir la fabrication locale’’.
‘’Le Sénégal, au lendemain de la Covid-19, a développé un plan de relance de l’industrie pharmaceutique et Teranga Pharma est un des acteurs clés devant participer à la réalisation des objectifs de souveraineté pharmaceutique’’, a-t-il relevé.
Alors que le plan de relance gouvernemental table sur 50 % de souveraineté en 2035, Teranga Pharma affiche l’ambition de faire plus vite pour atteindre ce seuil dès 2030. Le laboratoire a déjà engagé un plan d’investissement de 17,4 milliards de FCFA sur cinq ans, selon Mouhamadou Sow.
Le plan est segmenté en étapes stratégiques visant à couvrir les besoins sanitaires les plus critiques du Sénégal. Il s’agit notamment, à l’horizon 2027, d’investir sur une nouvelle usine, appelée à terme, à générer une économie de 25 milliards de FCFA sur les importations de médicaments... - Lire cet article
Le récent audit néo-zélandais ne concernait pas uniquement la Nouvelle-Zélande. Il s'agissait d'un environnement contrôlé, doté de ressources importantes et intégré numériquement, qui a révélé plus d'un millier de problèmes de prescription en une seule semaine. Il a permis de mettre en lumière les lacunes d'un système pourtant mieux doté en personnel, plus stable dans ses flux de travail et plus strict dans sa gouvernance numérique que la plupart des systèmes de santé actuellement en place sur le continent africain. Lorsque 1 257 erreurs sont détectées en sept jours dans soixante-huit pharmacies d'un pays où la pression exercée par les patients est bien moindre, les implications pour l'Afrique sont préoccupantes.
L'audit en question a révélé des tendances qui trouvent un écho particulier dans les environnements de santé africains. Parmi celles-ci figuraient des charges de travail incessantes, des outils numériques incohérents, une communication fragmentée entre les cliniciens et une dépendance excessive à l'égard du pharmacien, considéré comme le dernier rempart entre une erreur et la protection des patients. Chaque intervention a nécessité près de vingt minutes de temps professionnel. Plus d'un quart des erreurs comportaient un risque réel de préjudice pour les patients. Ces conclusions proviennent d'un système où les infrastructures sont plus solides, la documentation clinique plus claire et la culture numérique plus répandue. Si un tel environnement génère des risques d'une telle ampleur, les charges opérationnelles bien plus lourdes en Afrique ne peuvent que les amplifier.
À travers le continent, les pharmacies gèrent un volume écrasant de patients, en raison d'une charge élevée de soins chroniques et d'un accès limité aux cliniciens de premier recours. Les prescripteurs travaillent sous une pression temporelle intense, souvent dans des établissements où l'équipement est obsolète, les logiciels mal intégrés, la connectivité instable et les antécédents cliniques dispersés entre des dossiers papier, des archives numériques partielles et la mémoire. Cette fragmentation crée des conditions dans lesquelles les erreurs se multiplient, non pas parce que les cliniciens manquent de compétences, mais parce que le système ne cesse d'accumuler des distractions, des retards et des contradictions dans leur flux de travail. Les pharmaciens africains connaissent bien cette réalité. Ils doivent constamment corriger des instructions incomplètes, des dosages inadaptés, des quantités qui n'ont aucun sens sur le plan thérapeutique et les suppositions des prescripteurs qui pensent que le pharmacien « arrangera les choses » sur place... - Lire cet article
Dakar, 1er mars (APS)- Le laboratoire sénégalais Teranga Pharma se prévaut d’une avancée thérapeutique importante dans la lutte contre la drépanocytose, avec le lancement de la forme pédiatrique du médicament Drepaf, une révolution galénique adaptée au contexte local selon son directeur général.
‘’Le défi consistait à concevoir une forme galénique à la fois stable et adaptée aux plus jeunes et la solution retenue est une gélule innovante, utilisable dès l’âge de neuf mois”, a soutenu Mouhamadou Sow dans une interview accordée à l’APS.
Le principal obstacle au traitement pédiatrique de la drépanocytose résidait selon lui dans les caractéristiques physico-chimiques de la molécule, rendant sa stabilité précaire sous forme liquide (sirop) ou effervescente.
“La solution retenue est une gélule […] qui peut être ouverte pour mélanger son contenu à des aliments ou boissons familiers”, a précisé le pharmacien.
Avec cette innovation thérapeutique, l’industrie locale apporte ainsi “une réponse concrète” aux défis de stabilité et d’accessibilité d’un traitement jusqu’ici hors de portée de nombreuses familles sénégalaises.
Des “tests rigoureux” ont validé son efficacité avec des produits locaux tels que le bissap, le bouye, les aliments semi-liquides comme le fondé ou la bouillie, en plus du lait de biberon, a affirmé le directeur général de Teranga Pharma.
Afin de garantir l’ingestion de la dose complète, le spécialiste recommande de mélanger la poudre à une petite quantité d’aliment. Il a aussi insisté sur un suivi rigoureux de l’enfant par un médecin, afin de faire des bilans immunologiques chaque trois mois... - Lire cet article
Le paysage pharmaceutique national vit une métamorphose sans précédent. En ce début d’année 2026, les indicateurs sont au vert et confirment une tendance de fond.
L’Algérie n’est plus seulement un consommateur, mais un producteur incontournable sur le continent africain. Avec un taux de couverture des besoins nationaux avoisinant les 83%, l'Algérie réduit drastiquement sa dépendance aux importations et pose les jalons d’une véritable souveraineté sanitaire. Cette transformation, impulsée par une vision politique claire et un arsenal réglementaire renforcé, propulse, désormais, l’industrie locale vers de nouveaux horizons, ceux de l’exportation et de l’innovation de pointe.
Avec une valeur estimée à près de 4,5 milliards de dollars, le marché algérien se hisse à la troisième place dans la région MENA, et la dynamique de production nationale est impressionnante, atteignant 4 milliards de dollars en 2025, contre 3,56 milliards l’année précédente. Cette croissance s’appuie sur un tissu industriel dense et en constante expansion. L'Algérie compte, aujourd’hui, 233 unités de production, comprenant 138 laboratoires dédiés exclusivement aux médicaments, auxquels s’ajoutent près de 100 nouveaux projets sous licence en cours de réalisation... - Lire cet article
L'asymétrie significative inhérente à la nouvelle architecture de la diplomatie sanitaire « America First » en Afrique est préoccupante. Washington offre des chèques de plusieurs centaines de millions de dollars, à peine suffisants pour financer les budgets annuels de la santé, et demande en échange un accès pendant plusieurs décennies à des minéraux essentiels à la transition énergétique mondiale, à du matériel génétique indispensable à l'innovation pharmaceutique et à des données épidémiologiques qui façonneront la prochaine génération de vaccins et la stratégie de biosécurité. Pour les pays où le fardeau des maladies est si lourd, les budgets nationaux nécessaires coûtent beaucoup plus cher que ce que Washington offre en échange d'actifs qui valent plusieurs fois plus. Le « partenariat » proposé par Washington ressemble beaucoup moins à un partenariat qu'à une acquisition à prix réduit.
Au Zimbabwe, le président Emmerson Mnangagwa a rejeté un accord de financement de la santé d'un montant de 367 millions de dollars américains sur cinq ans. Cette offre, qui représente en moyenne environ 70 millions de dollars américains par an, est à peine suffisante pour couvrir une fraction des besoins annuels du ministère de la Santé. La controverse ne porte pas ici sur la nécessité d'un soutien en matière de santé, mais sur les conditions qui y sont attachées. Selon certaines informations, l'accord visait à obtenir l'accès à des échantillons biologiques sensibles et à des données nationales sur la santé, avec des garanties limitées que le Zimbabwe bénéficierait d'une part proportionnelle de la propriété intellectuelle ou des gains commerciaux découlant des futures avancées médicales.
À l'heure actuelle, de telles dispositions constituent des concessions stratégiques d'une grande valeur économique. La diversité génétique est la matière première de l'innovation biomédicale. Les données épidémiologiques provenant de populations variées améliorent le développement de médicaments, les essais de vaccins et la modélisation prédictive des maladies. Dans un monde encore hanté par la vulnérabilité aux pandémies, ces données confèrent à la fois un avantage scientifique et un levier géopolitique. Les dirigeants du Zimbabwe semblent avoir conclu que la valeur à long terme de ces actifs dépassait de loin la liquidité à court terme offerte, qui ne représente que quelques centimes par rapport à ce qui est donné... - Lire cet article
L’Algérie poursuit ses efforts pour renforcer son industrie pharmaceutique. Le jeudi 26 février 2026, un protocole d’accord a été signé entre le Groupe Saidal et la branche vaccins de Sanofi – branche vaccins. Cet accord s’inscrit dans une stratégie nationale visant à développer la production locale de vaccins destinés à l’usage humain.
La cérémonie de signature s’est déroulée au siège du ministère de l’Industrie pharmaceutique sous la supervision du ministre Wassim Kouidri. Elle a réuni des responsables des deux entreprises ainsi que des cadres du secteur pharmaceutique.
Transfert de technologie et renforcement des capacités nationales
Ce partenariat vise principalement le développement conjoint de plusieurs types de vaccins. Il prévoit également le transfert de savoir-faire technologique, permettant aux équipes algériennes d’acquérir une expertise moderne dans le domaine de la fabrication vaccinale.
Selon les responsables du secteur, l’objectif est d’améliorer la production nationale en respectant les standards internationaux de qualité et de sécurité. L’Algérie cherche ainsi à réduire sa dépendance aux importations de produits pharmaceutiques essentiels.
Le protocole a été signé par le directeur général du groupe Saidal, le docteur Belkhelfa Mourad, et par le directeur de la branche vaccins de Sanofi, Jean-Philippe Broust...
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L’Algérie connaît une transformation accélérée de son secteur pharmaceutique. En quelques années, le pays est passé d’une dépendance accrue aux importations à...
Les indicateurs officiels confirment que l’Algérie a franchi des étapes cruciales : le taux de couverture des besoins du marché national par la production locale atteint environ 83 %. Ce chiffre devrait croître avec l’entrée en service de dizaines de nouveaux projets dans les années à venir.
Un arsenal réglementaire et industriel en pleine expansion
Ce bond qualitatif traduit les orientations des hautes autorités de l’État. Il s’est concrétisé par la création du ministère de l’Industrie Pharmaceutique en 2020 et le lancement de l’Agence Nationale des Produits Pharmaceutiques (ANPP). Ce cadre institutionnel a permis d’instaurer un système de régulation rigoureux, garantissant le contrôle qualité et le développement de la production.
À ce jour, l’Algérie compte 233 unités et usines de production, auxquelles s’ajoutent près de 100 nouveaux projets sous licence en cours de réalisation. Avec plus de 780 lignes de production incluant des médicaments classiques et complexes, le pays s’impose comme un acteur pharmaceutique majeur sur le continent africain.
Insuline et Oncologie : Le saut qualitatif
La fabrication locale intégrale des stylos d’insuline constitue l’un des fleurons de cette mutation. Produite à 100 % localement, l’insuline algérienne place le pays dans une position de leader en Afrique et dans le monde arabe. Par ailleurs, 54 types de médicaments anticancéreux sont désormais produits localement sur les quelque 200 répertoriés dans la nomenclature nationale... - Lire cet article
Dans la mise en œuvre opérationnelle du Plan de relance de l’industrie pharmaceutique locale, Ugp/pharma tient depuis hier, lundi 23 février 2026, un atelier de restitution des missions de benchmark réalisées en Indonésie, en Inde et au Burkina Faso, afin de mieux structurer la recherche scientifique des phyto-médicaments au Sénégal. Des missions soutenues par Enabel.
La filière phyto-médicament au Sénégal n’est plus au stade informel ou expérimental. Selon le conseiller technique du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique en Pharmacie, le dynamique scientifique structurée est déjà engagée et des pathologies prioritaires à forte morbidité nationale ont été identifiées dont dix-sept (17) projets de recherche validés, des équipes mixtes associant chercheurs universitaires, cliniciens et industriels ont été constituées, et des enquêtes ethnobotaniques encadrées ont été lancées.
Dans ce cadre, Mor Diagne estime que la collaboration avec les tradipraticiens ne relève plus d’une simple reconnaissance symbolique ; elle s’inscrit désormais dans une démarche méthodologique rigoureuse fondée sur la traçabilité des espèces, l’identification botanique certifiée, la caractérisation phytochimique des extraits, la standardisation des principes actifs et, à terme, la validation préclinique et clinique des formulations.
«Les missions de benchmark menées en Indonésie, en Inde et au Burkina Faso ont confirmé que le succès d’une industrie phytopharmaceutique repose sur une structuration cohérente et intégrée. Dans ces pays, la pharmacopée nationale a été sécurisée, les procédures d’enregistrement adaptées ont été clairement définies, des plateformes technologiques de standardisation ont été mises en place et la collaboration avec les praticiens traditionnels a été institutionnalisée. Ces expériences montrent que la réussite ne tient pas uniquement à la richesse de la biodiversité, mais à la capacité de transformer cette richesse en stratégie scientifique, réglementaire et industrielle», a déclaré M. Diagne.
Et d’ajouter : «cet atelier doit marquer une étape décisive. Il ne s’agit pas uniquement de partager les enseignements des missions de benchmark, mais d’aligner les institutions, de consolider les priorités d’investissement, de préciser la feuille de route opérationnelle 2026–2028 et de structurer la mobilisation des partenaires techniques et financiers autour d’objectifs mesurables»... - Lire cet article
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