L’allaitement maternel est en nette stagnation : moins de 20 % des nourrissons en bénéficient exclusivement pendant les six premiers mois de leur vie aujourd’hui. Le 16 septembre dernier, le ministère de la Santé a envoyé, sans consultation avec les parties prenantes – la Société de Pédiatrie et les distributeurs de lait infantile –, une circulaire à tous les administrateurs d’hôpitaux pour qu’ils interdisent, entre autres, l’accès de leur établissement aux représentants de lait infantile et empêchent les médecins et le personnel infirmier d’assister aux formations soutenues par les compagnies de lait infantile. Des interdictions qui se font au détriment des bébés, selon des professionnels de santé.
Pour la Dre Radhika Jagatsingh Beehuspoteea, il ne fait pas de doute que le lait maternel soit meilleur pour les bébés. «Il est extraordinaire. Il évolue dans l’organisme de la femme en fonction du bébé. Par exemple, le lait maternel d’un bébé prématuré n’est pas le même que celui d’un bébé né à terme. Il contient tous les nutriments nécessaires à l’enfant. Mais malheureusement, pour différentes raisons et circonstances variées, toutes les femmes ne peuvent allaiter exclusivement pendant six mois.»
Elle souligne qu’une étude sur l’allaitement maternel a été menée par Motee et Coll. et deux études par le Mauritius Institute of Health (MIH), dont la dernière date de 2025. Les trois études parviennent à la même conclusion: les Mauriciennes connaissent l’importance et les bienfaits de l’allaitement maternel mais ne pouvant allaiter leurs bébés exclusivement pendant six mois, elles font du mixed feeding, c’est-à-dire qu’elles allaitent mais donnent aussi du lait infantile.
La Dre Jagatsingh Beehuspoteea précise que la dernière étude incrimine d’abord les accouchements par césarienne dans les services de santé. «Si l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dit qu’il faut allaiter le bébé une heure après sa naissance, la majorité des naissances dans le pays (Ndlr: 61,4%) sont par césariennes. Les femmes qui sortent d’une césarienne souffrent de la procédure, sont fatiguées, sédatées et dans le secteur public, aucun membre du personnel hospitalier ne leur amènera leur bébé afin qu’elles l’allaitent. Et aucun membre de leur famille ne sera autorisé à rester pour le faire. Il n’y a pas suffisamment de conseiller formé en lactation dans les hôpitaux. De ce fait, pour cette majorité de femmes, leur bébé doit boire le lait infantile.» Donc, le lait infantile est nécessaire dans le secteur public, d’où le fait que le ministère de la Santé lance des appels d’offres annuels pour s’en procurer... - Lire cet article
La Tanzanie a lancé un programme ambitieux visant à développer son industrie pharmaceutique locale, avec pour objectif de réduire sa dépendance aux médicaments importés et de se positionner comme un pôle de fabrication pour l’Afrique de l’Est.
À l’heure actuelle, plus de 80 % des médicaments et équipements médicaux utilisés dans le pays sont importés, ce qui coûte à la Tanzanie environ un milliard de dollars par an. Notre correspondant Isaac Lukando explique comment le gouvernement entend changer cette situation.
Pour analyser les opportunités et les défis liés à cette initiative, nous avons rencontré le Dr Francis Mallya, médecin et spécialiste de la chaîne d’approvisionnement médicale. Il a abordé trois questions clés :
- les principaux obstacles que la Tanzanie doit surmonter pour rendre la production locale de médicaments viable
- la capacité du Groupe de travail pour l’accélération des investissements à transformer les politiques en projets concrets et bancables, ainsi que les éléments auxquels les investisseurs doivent être attentifs
- et la manière dont la production pharmaceutique locale pourrait remodeler les prix et les chaînes d’approvisionnement en Afrique de l’Est... - Lire cet article
Des chercheurs du Centre de recherche médicale de Lambaréné (CERMEL) ont mis au point un traitement antipaludique administré en une seule prise, ouvrant une nouvelle perspective dans la lutte contre la maladie.
Testé sur plus de 1 000 patients, ce protocole innovant affiche un taux d’efficacité de 93 %, supérieur aux traitements classiques sur trois jours.
Associant une artémisinine à trois molécules existantes, cette approche réduit les risques de résistance du parasite et améliore considérablement l’observance des patients.
Dans un pays qui a enregistré 154 000 cas de paludisme en 2024, cette innovation pourrait transformer durablement la prise en charge de la maladie et positionne la recherche gabonaise au cœur de l’innovation médicale en Afrique centrale. - Lire cet article
À l’occasion de la 23ème édition d’Officine Expo-Pharma Africa Meeting, qui se tient ces 30 et 31 janvier 2026 à Marrakech, Amina Tahiri, pharmacienne titulaire et membre du comité scientifique du salon, revient sur le rôle stratégique de ce rendez-vous dans les échanges pharmaceutiques africains.
Quelle place Officine Expo occupe-t-il aujourd’hui dans les échanges pharmaceutiques entre le Maroc et le reste du continent africain?
Officine Expo occupe aujourd’hui une place de véritable catalyseur de transformation pour la pharmacie au Maroc et en Afrique. L’événement favorise à la fois la mise en réseau et la coopération internationale, la valorisation des innovations technologiques, et surtout l’extension du rôle du pharmacien vers des missions élargies de prévention, d’éducation sanitaire, d’accompagnement du patient et d’intégration des outils technologiques dans les parcours de soins.
Cette année, vous mettez en avant la santé des femmes, la santé mentale et la substitution. Quelle priorité se dégage, et que peut réellement faire l’officine sur ces sujets?
À travers les thématiques de la santé des femmes, de la santé mentale et de la substitution, une priorité claire se dégage: replacer le patient au cœur du parcours de soins du quotidien, là où l’officine joue un rôle de proximité irremplaçable.
Concrètement, en matière de santé des femmes, le pharmacien peut intervenir à toutes les étapes de la vie: information sur la contraception, accompagnement de la grossesse, suivi de la ménopause, prévention des carences, mais aussi repérage de violences ou de troubles hormonaux souvent banalisés. L’officine s’impose ainsi comme un point d’entrée accessible, sans rendez-vous, pour une santé féminine encore trop fragmentée.
Sur la santé mentale, l’enjeu est majeur. Stress, anxiété, dépression ou burn-out touchent une part croissante de la population. Par sa présence quotidienne, le pharmacien est souvent le premier professionnel de santé à percevoir un mal-être. Son rôle consiste à identifier les signaux faibles, à sécuriser les traitements, à lutter contre l’automédication inappropriée et à orienter vers les professionnels compétents, dans une logique de prévention et de déstigmatisation.
Enfin, la substitution illustre l’évolution la plus concrète du métier. Qu’il s’agisse de traitements de substitution aux opiacés ou d’alternatives thérapeutiques mieux adaptées, l’officine est aujourd’hui un acteur clé de l’observance, de la continuité des soins et de la réduction des risques. C’est un rôle exigeant mais essentiel, qui suppose formation, coordination et confiance... - Lire cet article
L'IA transforme la biologie en un problème calculable, permettant à l'industrie pharmaceutique d'explorer les mécanismes des maladies et d'optimiser les molécules. in silico avant même d'entamer des travaux coûteux en laboratoire. En 2026, cette évolution – alimentée par les données multiomiques, les laboratoires automatisés et les modèles fondamentaux – accélère les partenariats et les acquisitions, les grands groupes pharmaceutiques s'efforçant de reconstituer leurs portefeuilles de produits avant l'expiration imminente des principaux brevets.
vLa nouvelle ère des biotechnologies pilotées par l'IA
L'industrie pharmaceutique s'est initialement construite sur le savoir-faire de l'industrie chimique, qui a commencé à créer des produits toujours plus utiles, y compris à usage médical. Au départ, il s'agissait surtout d'isoler et de purifier des composés chimiques naturels comme l'aspirine extraite de l'écorce de saule et la quinine extraite d'un arbre tropical.
On a ensuite commencé à créer des composés entièrement nouveaux, inexistants dans la nature, et à les transformer en médicaments. Cette approche a cependant commencé à montrer ses limites au cours des dernières décennies.
Les substances chimiques les plus faciles à produire ou à découvrir ont déjà été trouvées, et les autres molécules sont souvent insuffisantes : trop instables, trop toxiques, trop difficiles à fabriquer, etc.
De ce fait, l'industrie pharmaceutique s'est tournée vers les biotechnologies, qui consistent à réutiliser des molécules biologiques comme les hormones, les protéines ou l'ADN et l'ARN pour créer des médicaments. Ceci a permis le développement de l'insuline artificielle, des thérapies monoclonales, des thérapies géniques et de nombreuses autres avancées remarquables.
Cependant, là aussi, les progrès ont commencé à stagner, car les solutions les plus faciles ont déjà été trouvées : la plupart des agents biologiques actifs sont déjà identifiés et connus, laissant aux mécanismes biologiques plus complexes et difficiles à comprendre le soin de guérir les maladies encore résistantes au traitement.
C’est un problème majeur pour les grandes entreprises pharmaceutiques. Non seulement nombre de leurs traitements chimiques ne sont plus protégés par brevet ou le seront bientôt, mais la stratégie consistant à racheter des start-ups de biotechnologie ou à nouer des partenariats avec elles ne suffit plus.
Ces entreprises doivent investir rapidement dans l'innovation, et ce qui fonctionnait auparavant ne suffit plus.
Cela s'explique en grande partie par le fait qu'une représentation fidèle d'une seule cellule humaine serait d'une complexité presque incompréhensible pour une seule personne, comme l'illustre une image générée par ordinateur de tous les composants d'une seule cellule humaine qui est devenue virale il y a quelques années... - Lire cet article
En ce jeudi 29 janvier 2026, le secteur de la santé au Mali franchit une étape historique. L’Union Nationale des Pharmaciens Privés du Mali (UNPPM) a scellé un partenariat multidimensionnel avec Coris Bank et Sanlam Allianz. Ce protocole d’accord vise à transformer le modèle économique des officines privées en facilitant leur accès au financement, à la digitalisation et à une protection sociale et professionnelle sur-mesure.
Financement et Digitalisation : Les moteurs de la croissance
L’accord place l’accessibilité financière au cœur de la stratégie pour moderniser le réseau officinal sur l’ensemble du territoire malien... - Lire cet article
En application des dispositions de l’article 250 de la loi n°18-11 du 18 Chaoual 1439 correspondant au 2 juillet 2018, relative à la santé, le projet de décret exécutif fixant les conditions d’exercice et les modalités d’organisation de la profession de pharmacien et de pharmacien assistant d’officine revoit à la baisse le numerus clausus qui passe d’une pharmacie pour 5000 habitants à trois 3000 habitants.
Le projet de décret qui rappelle que l’installation, l’ouverture, le transfert et la fermeture d’une pharmacie d’officine sont soumis à l’ autorisation préalable du directeur de la santé de wilaya, qui se prononce sur la base de l’avis de la commission technique des officines de wilaya, prévue à 1’article 28 ci-dessous stipule que (art 24) : “Est autorisée l’ouverture d’une officine de pharmacie sur la base de proportion d’une officine pour trois mille (3000) habitants dans les zones urbaines et enclavées.”
Le chapitre 2 du texte définit les principales missions du pharmacien d’officine et le pharmacien assistant d’officine consacré par la loi 18 -11 relative à la santé... - Lire cet article
Le laboratoire pharmaceutique indien Cipla a fait savoir qu’il s’associait à la société de biotechnologie ImmunoACT afin d’introduire sur plusieurs marchés africains une thérapie cellulaire innovante contre certains cancers du sang, le Maroc figurant parmi les trois premiers pays concernés par ce déploiement.
Selon le duo industriel, «l’accord prévoit la commercialisation de la thérapie talicabtagene autoleucel en Afrique du Sud, en Algérie et au Maroc, par l’intermédiaire de la filiale Medpro Pharmaceutica», marquant l’entrée du royaume dans le cercle restreint des États africains appelés à bénéficier de ce traitement de pointe.
Thérapie cellulaire et indications cliniques
Le traitement en question relève de la catégorie des thérapies CAR-T, fondées sur la modification génétique de lymphocytes T du patient afin de cibler spécifiquement des cellules cancéreuses. Cipla précise que « la thérapie vise des patients atteints de lymphome non hodgkinien à cellules B et de leucémie aiguë lymphoblastique à cellules B, dans des formes dites en rechute ou réfractaires ».
Développée et produite par ImmunoACT en Inde, la molécule aurait, selon les données communiquées, démontré une efficacité élevée et des réponses durables, la société indiquant que « plus de 500 patients ont déjà été traités avec succès sur le territoire indien »... - Lire cet article
Pendant longtemps, le médicament de rue a été toléré comme un « mal nécessaire ». Mais depuis 2016, le régime du Président Patrice Talon a brisé ce contrat social mortel. En exposant l’ampleur du trafic, l’État ne se contente plus de réprimer : il met la population face à ses responsabilités.
Par la voix du Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique (Cs-Ssp), le gouvernement a dressé le bilan de ses missions de l’année dernière en ce début d’année 2026. Au-delà des chiffres, c’est une véritable opération de vérité publique qui s’opère sous nos yeux. Il convient de saluer ici le mérite d’un exécutif qui a su révéler aux Béninois la face cachée d’un iceberg qui, pendant des décennies, a menacé la santé des populations dans une indifférence presque totale. En effet, pendant longtemps, le médicament de rue a été toléré comme un mal nécessaire ou une solution de proximité pour les plus démunis. Mais sous l’impulsion déterminée du Président Patrice Talon, ce contrat social mortel a été brisé par une volonté politique rare en exposant l’ampleur du trafic.
Plus de 250 tonnes de produits saisies en 2025
L’un des piliers de cette lutte exemplaire est de déconstruire définitivement le mythe du médicament moins cher, une illusion que le volume massif des saisies vient confirmer. Plus de 250 tonnes de produits saisies en 2025. L’analyse des autorités est implacable puisque le bas prix payé sur un étal de marché n’est qu’une illusion financière dévastatrice. La face cachée de cette économie de façade se traduit par des coûts indirects exorbitants que les familles découvrent souvent trop tard. On parle ici de frais de dialyse pour insuffisance rénale, de traitements d’urgence pour intoxications graves ou, dans les cas les plus tragiques, de deuils prématurés. En assainissant donc le secteur avec une main de fer, le gouvernement garantit l’efficacité du traitement et protège le portefeuille des ménages sur le long terme. Le médicament licite doit désormais être perçu comme un investissement pour la vie, tandis que le faux reste une dépense à fonds perdu qui mène irrémédiablement au cimetière... - Lire cet article
Un décret présidentiel n°26-06, daté du 18 Rajab 1447 correspondant au 7 janvier 2026, consacre la création officielle de la Pharmacie centrale de l’Armée (PCA). Ce texte fondateur définit de manière détaillée ses missions, son statut juridique ainsi que son organisation et ses modalités de fonctionnement. - Lire cet article
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